Révision électorale au Cameroun : ELECAM lance une campagne digitale pour booster les inscriptions

Ce mercredi 22 avril 2026, le Directeur général des Élections, Dr Erik Essousse, a lancé au siège d’Elections Cameroon (ELECAM) à Yaoundé une campagne de communication digitale inédite. Jusqu’au 30 avril 2026, l’institution entend utiliser les réseaux sociaux pour expliquer les fondamentaux de la révision des listes électorales et encourager les citoyens, en particulier les jeunes, à s’inscrire. Mais cette offensive numérique se heurte à un scepticisme persistant sur la transparence du processus électoral.

Le Directeur Général Erik ESSOUSSE présente la campagne digitale de révision des listes électorales le 22 avril 2026

La campagne, intitulée sobrement « Révision des listes électorales », se déroule du 22 au 30 avril 2026. Chaque journée est consacrée à une thématique spécifique. Pour l’ouverture, le message est clair incitant tous les personnes âgés de 21 ans ou plus à s’inscrire sur une liste électorale. Une cible assumée : les jeunes, souvent les plus éloignés des démarches administratives traditionnelles. Via Facebook, Twitter, WhatsApp et d’autres canaux, ELECAM mise sur la pédagogie et la proximité numérique pour maximiser le nombre d’inscrits avant la clôture annuelle des listes.

Un canal WhatsApp officiel a même été ouvert pour diffuser l’information en continu.

Un contexte de défiance

Pourtant, cette initiative digitale se déploie dans un climat de méfiance. De nombreux acteurs politiques et observateurs indépendants pointent régulièrement des failles structurelles dans le processus électoral camerounais : listes incomplètes, soupçons de fraude, manque de transparence dans le scrutin passé. Malgré les efforts de communication d’ELECAM, la crédibilité de l’institution reste un sujet sensible.

Le défi est donc de taille : transformer un simple « clic » en ligne en une adhésion réelle dans les bureaux de vote. L’offensive numérique ne suffira pas si la confiance dans la sincérité du processus n’est pas restaurée.

Une réponse institutionnelle

Dans son allocution, le Dr Erik Essousse a assuré qu’ELECAM est pleinement mobilisée pour garantir la fiabilité des listes. Il a rappelé que l’inscription sur les listes électorales est à la fois un droit et un devoir civique, et que la révision annuelle est l’unique fenêtre pour les nouveaux majeurs et les citoyens non encore enregistrés.

ELECAM espère ainsi atteindre un nombre record d’inscriptions d’ici au 30 avril, en misant sur la viralité des réseaux sociaux et l’engagement des influenceurs locaux.

Au-delà de la technique, cette campagne est un test. Dans un pays où l’abstention et la méfiance envers les institutions électorales sont récurrentes, réussir à mobiliser numériquement sans provoquer de rejet est un exercice d’équilibriste. Si ELECAM parvient à convaincre une nouvelle génération de s’inscrire et de voter, ce sera une première victoire. Sinon, l’effort digital restera un outil sans impact réel.

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